Quels sont les points importants dans l’histoire de la Birmanie ? 

L’histoire du Myanmar couvre la période allant des premiers établissements humains connus il y a 13 000 ans à nos jours, une histoire longue et complexe. Les Birmans (le plus grand groupe ethnique de la Birmanie actuelle) ne sont pas les premiers habitants en Birmanie. Les Pyu du Yunnan, les Môns, les Shans qui ont émigré en Birmanie ont fortement contribué et encore aujourd’hui à la fondation de ce pays.

I. LA PRÉHISTOIRE

Les cités-royaumes des Pyus (100 avant JC – 840)
Au 1er siècle avant JC, les Pyus du Yunnan vivaient dans le delta de l’Irrawaddy. Puis, les Pyus établirent les royaumes de Binnaka, Mongamo, Sri Ksetra et Halingyi. A cette période, la Birmanie atteint le statut de route commerciale entre la Chine et l’Inde.
D’après des sources chinoises, les Pyus ont contrôlé 18 royaumes tout en étant un peuple pacifique. Les Pyus n’ont jamais provoqué la guerre. Les crimes graves étaient punis de peine de mort, mais paradoxalement aucune prison n’existait. Les Pyus pratiquaient le Bouddhisme Theravada. Tous les enfants étaient éduqués dans les temples de l’âge de 7 à 20 ans.
Les cités-royaumes n’ont jamais été unifiées en un royaume mais les plus puissantes dominaient des royaumes plus petits. La cité la plus puissante était Sri Ksetra.
Les cités-royaumes des Môns

Il y a 2 hypothèses sur l’origine des Môns en Birmanie :

– La première civilisation de la Birmanie était celle des Môns qui arrivèrent à partir du IIIe millénaire avant J-C. Ils auraient crée leur premier royaume vers le IIIe siècle avant J-C.

– Au sud, les Mons émigrèrent du royaume de Hariphunchai et du royaume de Dvaravati à l’est pour installer leurs royaumes le long de la côte inférieure du Myanmar au début du 9ème siècle.

II. LA PÉRIODE FÉODALE

Le royaume de Pagan réunit le pays pour la première fois (1044 – 1287). Pendant la dynastie d’Anawratha (1044-1077), les Birmans ont répandu une certaine influence dans une grande partie de la Birmanie. Vers les années 1100, la plupart de l’Asie du Sud-Est étaient sous le contrôle du royaume de Pagan, avec sa capitale à Mandalay.

La dynastie du roi Anawratha fut considérée comme le premier royaume birman, une nation unifiée en politique.
Le roi Anawratha fut également le premier roi à répandre le bouddhisme à travers la Birmanie.
Pendant plus de 200 ans, jusqu’à la fin du 13ème siècle, le royaume de Pagan fut prospère et contrôlait une grande partie du territoire actuel de la Birmanie. Pendant plus de deux siècles, l’économie birmane, surtout l’agriculture, s’est développée. En 1077, la dynastie fut en déclin à la suite du décès du roi Anawrahta.

Aujourd’hui, il reste de nombreux temples et monuments religieux à Bagan. Ils expriment non seulement la richesse agricole mais aussi les compétences des birmans en mathématiques et en construction, très en avance pour l’époque.
Pagan correspond à une période d’or du XIème au XIIIème siècle dans le cœur des Birmans.
La période des régions détruites et séparées – la dynastie Ava, le royaume Hanthawaddy Pegu, les petites nations Shan, la nation Arakan

Après la chute de Pagan, les Mongols quittèrent l’Irrawaddy mais le royaume Bagan fut divisé en plusieurs petits royaumes. Au milieu du XIVe siècle, le pays était composé de quatre grands centres de pouvoir: la Haute-Birmanie, la Basse-Birmanie, les États Shan et d’Arakan. Cet ère fut marqué par une série de guerres…

Ces différents royaumes provoquèrent de nombreux conflits au sein de la Birmanie. Les plus puissants étaient Hanthawaddy des Moines, les nations Arakan. Les Shan établirent leur propre nation, connu sous le nom de la dynastie Ava.
Au milieu du XVIème siècle, les nations Shan détruirent Ava. Tandis que la dynastie Ava disparu, et le royaume d’Hanthawaddy devint un grand centre pour le commerce et le bouddhisme theravada.

La dynastie Tougoo réunit le pays pour la deuxième fois (1486-1752)
Au XVIe siècle, la dynastie Toungoo réalisa de nombreuses guerres d’expansion territoriale pour unifier le pays. En 1541, les Birmans, sous la direction du roi Tabinshwehti, envahirent Inwa, la capitale Shan. Puis ils procédèrent aux expéditions punitives.

En 1550, le roi Tabinshwehti mourut, des peuples Mon et Shan se levèrent pour lutter contre le royaume Toungoo. La même année, Bayinnaung devint le roi de la Birmanie. En deux ans, il réussit à envahir bon nombre de régions. Le Royaume de Toungoo fut célèbre partout.

En 1563, le militaire de Bayinnaung envahit Chiang Mai de Thaïlande et sa capitale. En 1567, le peuple thaïlandais se révolta contre la domination birmane. King Baynnaung conduit une deuxième expédition en Thaïlande. En 10 mois, il conquit le pays dans sa totalité. En 1574, le roi Bayinnaung réalisa une deuxième expansion au Laos. La Birmanie devint le plus grand royaume d’Asie du Sud-Est.

Après la mort du roi Bayinnaung en 1581, ce royaume birman commença à décliner. Les dynasties suivantes ne furent pas à la hauteur pour protéger un tel territoire. De nombreuses batailles entre les races eurent lieu.
La deuxième période féodale de la Birmanie s’est progressivement désintégrée.
La dernière dynastie Kounbaung (1752 – 1882)

En 1752, en raison de l’aide des Français et du déclin de la dynastie Tangoo, les Môns envahirent Inwa et essayèrent de contrôler toute la Birmanie. Cependant, grâce à Aung Giaeya, mandarin militaire, les birmans réussir à lutter contre les Môns.
En 1753, il réussit à récupérer Inwa. Il se fit surnommer Alaungpaya (Bouddha future). Il créa le royaume de Konbaung, dernier royaume féodal de Birmanie.

En 1755 et 1757, il reprit Payay, les nations Shan et envahit Yangon, capitale à l’époque des Môns- Bago. En 1759, il pu conquérir Pégou, le sud de la Birmanie et Manipur. Et en 1760, en envahissant Taninthayi, Ayutthayail fut mortellement blessé.
Son fils Hsinbyushin (règne de 1763 à 1776) réussit à conquérir la ville de Tavoy à la fin de l’année 1767.

Puis, la Chine des Qing voulut envahir la Birmanie, mais entre 1766 et 1769, Hsinbyushin réussit à repousser quatre tentatives d’invasion tout en élargissant les limites des frontières avec la Chine.

Un autre fils d’Alaungpaya, Bodawpaya (règne de 1781 à 1819), perdit Ayutthaya mais conquit l’Arakan (1784) et le Tenasserim (1793). Sous le règne de Bagyidaw (1819-1837), en janvier 1824, le général Maha Bandulaa conquit l’Assam : la Birmanie se retrouva alors, face aux intérêts britanniques en Inde.

III. LA DOMINATION BRITANNIQUE

En 1819, l’Angleterre a envahi Singapour et le Népal en 1820, la Birmanie était ensuite la prochaine cible. À cause de la concurrence entre les britanniques et les birmans concernant le territoire, la première guerre (1824-1826) eut lieu, l’Angleterre fut le grand vainqueur et la Birmanie perdit Assam, Manipur, Arakan et Tenasserim par le traité de Yandabo. Les Résistances éclatèrent donc partout…

Du XIXe siècle, pour envahir les ressources naturelles de la Birmanie et s’assurer une route vers Singapour, les Britanniques provoquèrent la deuxième guerre anglo-birmane en 1852.

Au cours de cette seconde guerre, les Britanniques envahirent Yangon, le Toungoo et le vaste delta de l’Irrawaddy. La Birmanie rencontra non seulement des ennemis avec des armes modernes et des navires de guerre, mais aussi une concurrence intérieure. Dans les traités de 1862 et de 1867, les Britanniques bénéficièrent de nombreux privilèges commerciaux.

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La seconde guerre mondiale

En 1885, la troisième guerre anglo-birmane débuta. Les guerres anglo-birmanes (1824-1885) ont finalement mené à une domination coloniale britannique évidente.

En 1886, La Birmanie devint alors une province de l’Inde britannique.
Malgré la fin officielle de la guerre, la résistance a continué quelques semaines dans le nord de la Birmanie jusqu’en 1890.

La société traditionnelle s’est effondré à cause de la chute de la monarchie et la séparation de l’église et de l’État. Sous la domination coloniale, les liens entre le gouvernement et la religion se sont perdus. Néanmoins, la culture a été conservée à travers le théâtre traditionnel, ainsi que la pratique du bouddhisme.

Après l’ouverture du Canal de Suez, la demande de riz et de terre a commencé à augmenter pour cultiver les terres des birmans. Mais pour réaliser cette demande, les paysans furent obligés d’emprunter aux banques indiennes à des taux d’intérêt très élevés. Ils furent ensuite expulsés de leurs terres, faute d’avoir remboursé leur prêt. Des villages entiers devinrent des bastions de chômeurs. Alors que l’économie birmane était en train de croître, le pouvoir et la richesse se concentrait dans les mains d’entreprises britanniques sans profiter au peuple birman.

Au début du XXe siècle, les classes sociales autorisées à aller à Londres pour étudier le droit, donnèrent naissance à de nouveaux chefs birmans. Leur expérience étudiante les persuadèrent que des manifestations pacifiques et des négociations pourraient leur permettre d’améliorer la situation birmane.

Des grèves au début des années 1920 entraînèrent une réforme constitutionnelle en 1923, ce qui créa un corps législatif élu avec des pouvoirs limités.
Pour l’économie, les britanniques étaient en droit d’exploiter les ressources naturelles de la Birmanie, de posséder les bénéfices de la Birmanie. Les ressources rares comme: les rubis, les bois teak, les bois précieux… furent excessivement exploités. En plus, certains domaines: le transport fluvial et ferroviaire, le textile, l’agroalimentaire, la distribution sont les monopoles des entreprises britanniques.

Pour la culture, les britanniques cherchent à effacer les coutumes, les règles traditionnels des Birmans. Ils portent leurs chaussures et leurs chaussettes en entrant dans les monuments religieux…
La fonction publique était essentiellement composée de membres de la communauté anglo-birmane, d’Indiens, et les Birmans étaient exclus presque entièrement du service militaire.

À cause de la forte oppression, les résistances des birmans ont commencé à éclater. De 1906 à 1930, on parlait plus de résistances spontanées. Typiquement, en 1930, dans le delta Ayeyarwady, beaucoup de gens participèrent à la révolte des paysans contre les Britanniques. Cet événement dirigé par le moine Saya San a durera 18 mois.
“La campagne Thakin” dirigé par les intellectuels birmans a été relayée et développée par les birmans.

Après la résistance de Saya San, en 1937, les Britannique furent obligés de séparer la Birmanie et l’Inde et acceptèrent que la Birmanie ait son propre gouvernement sous la direction de l’Angleterre. Ba Maw fut le Premier ministre de la Birmanie. U Saw lui succéda en 1939. Il fut premier ministre jusqu’à son arrestation en 1942 par les Britanniques.

IV. L’INDÉPENDANCE

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Monsieur Aung San

En 1947, Aung San devint vice-président du Comité exécutif birman, un gouvernement de transition. Cependant, en juillet 1947, des opposants politiques assassinèrent Aung San et plusieurs autres membres du gouvernement.
Le 4 janvier 1948, le pays devint une république indépendante. Sous le nom d’Union de la Birmanie avec Sao ShweThaik en président et U Nu en premier ministre. Contrairement à la plupart des colonies britanniques, le pays n’est pas devenu membre de la « Communauté des Nations ».

Sous les deux premiers gouvernements de Thakin Nu, la Birmanie connue enfin une période de démocratie et de relative stabilité. Mais celle-ci se dégrada au fur et à mesure… La période démocratique pris fin en 1962 quand le général Ne Wina réalisa un coup d’État militaire. Il dirigea la Birmanie pendant 26 ans et instaura une politique socialiste.